Montrez cette colère que je saurai voir !


Agacement, haine, agitation, hostilité, ... Nombreux sont les sentiments - négatifs - générés en nous par une des principales émotions auxquelles nous sommes confrontés : la colère. Bien souvent, on cherche donc à la fuir, la notre comme celle des autres, parce qu'on en a peur : peur de son côté destructeur, casseur de lien, et de ce qu'elle peut provoquer en nous. Mais la colère n'est-elle que négative ? Ne peut-elle pas également avoir certaines vertus ?


Qui est-elle ? D'où vient-elle ?


La colère est une des six émotions primaires, et côtoie donc la peur, la tristesse, la joie, la surprise et le dégoût. Tous n'ont pas le même rapport à la colère : peut-être faites vous partie de ceux qui la connaissent, vivent avec, et ont appris, à force de l'extérioriser, de l'exprimer, à la maîtriser. Mais peut-être la ressentez-vous, plus intérieure, plus contenue, jusqu'à vous forcer à ne pas la montrer, voire à la réprimer. Autre possibilité, enfin, elle va et vient, apparaît sans que vous compreniez toujours pourquoi, et du coup, elle vous fait peur, tel le lion qui peut surgir et tout détruire. Et cette appréhension de votre colère vous fait, par ricochet, craindre celle des autres !


« Qui ne ressent point la colère demeure inébranlable à l'injure » - Sénèque

"Mais pourquoi je me mets en colère ?" Souvent, la colère apparaît lorsque vos valeurs sont heurtées, bafouées. Vous sentez alors quelque chose monter en vous, votre cœur s'accélère, vous pouvez devenir rouge, serrer les poings ou les dents, etc ... Rajoutez une petite dose d'impulsivité, et le vilain monstre vert apparaît sans crier gare !


"Ah mince ; mais comment l'éviter ?" L'éviter ? Pourquoi ? Son apparition est une bonne nouvelle : maintenant que vous savez que la colère arrive quand vos valeurs sont blessées, vous allez plus simplement pouvoir nommer ces valeurs, et savoir ce qui est vraiment important pour vous : ce n'est donc pas une fin, mais le point de départ du travail à effectuer.



Comment gérer la situation ?


Je vous suggère la méthode PRISM suivante :

  • P - Pause : Faites une pause. Au début, vous ne parviendrez pas à faire une pause au moment où la colère arrive. Ce n'est pas grave : quelques heures après, le soir par exemple, à froid, accordez-vous une pause de quelques minutes pour revoir le film de la situation qui a vu naître la colère en vous. En vous contraignant à cet exercice, vous parviendrez petit à petit à rapprocher la pause du moment où la colère s'exprime.


  • R - Recul : Essayez de ne pas revivre la situation comme un de ses acteurs, mais plutôt comme un spectateur. Imaginez que vous êtes assis(e) dans votre canapé, à regarder la télé qui repasse la scène, et tentez de voir le plus objectivement possible ce qu'ont fait tous les acteurs, les uns après les autres.


  • I - Introspection : A la vue de la scène, qu'est ce qui, en vous, a déclenché la colère ? Quelle valeur a été piquée au vif ? Que cache réellement cette colère ? N'y a-t-il pas quelque chose de plus profond que la colère vous permet de ne pas montrer ?Avancez intérieurement pour voir derrière le rideau que représente la colère.


  • S - Scénarii : Maintenant que vous savez ce qui a été dérangé en vous au point que la colère se déclenche, essayez d'imaginer un scénario alternatif que vous auriez pu vivre, qui aurait pu être plus confortable. Ou pas ...


  • M - Message : Comment mettre en musique ces fins alternatives ? Comment s'exprimer sans s'énerver ? Première étape : il faut communiquer. Avant tout, il faut parvenir à nommer la colère (je vous renvoie à mon article sur l'éléphant dans la pièce). Ensuite, pourriez-vous dire les choses avec moins d'agressivité et plus d'assertivité (voir mon article ici) ? Pourriez-vous utiliser la communication non violente ?


Vous voyez que, bien plus que la colère elle-même, c'est sa manifestation et son expression qui peuvent être négatives. Apprenez à la gérer, à vous en servir pour déterminer ce qui est important pour vous.


Si cela vous semble trop complexe, n'hésitez pas à demander à un coach de vous aider à gérer vos émotions : c'est son rôle, et ça peut changer votre vie. Contactez-moi, on en discute.

© 2019 par Olivier Friedman - Coach individuel et d'équipe | Certifié de l’International Coach Federation (PCC), en Enneagramme et en co-développement