Manager ou leader ? Manager et leader !


Une semaine après la victoire de la France à la coupe du monde de football, l'événement commence à se faire rare dans les medias. Pourtant, tout le monde en a parlé, y compris aux Etats-Unis, où le présentateur du talk-show "The Daily Show", Trevor Noah, a annoncé dans un de ses billets humoristiques que "l'Afrique avait gagné la coupe du monde", ce qui lui a valu une lettre de réponse de l'Ambassadeur de France aux Etats-Unis, Gérard Araud, l'accusant de "nier l'identité française" des champions du monde.


Je vous laisse regarder l'intégralité de la réponse de Trevor Noah à cette lettre de notre ambassadeur, et vous faire votre propre opinion sur les propos qui sont avancés. Pour ceux qui veulent un résumé sous-titré, le Huffington Post national a fait ça très bien dans la vidéo ci-contre.



Quel rapport avec mon blog ?


Ce que je retiens surtout de cette histoire, c'est la dichotomie entre la vision anglo-saxone et la vision française de ce que peuvent être les individus : ici, ce que défend l'Ambassadeur de France, c'est que nos concitoyens sont Français, et uniquement Français, comme faisant partie d'un tout, un et indivisible, à l'image de la République. En "off", on peut être tous différents, mais officiellement, on est tous Français : on est ou caractérisés par nos origines qui peuvent être diverses, dans l’intimité, ou Français, dès lors qu'on en a la nationalité.

Trevor Noah, quant à lui, se définit comme "Afro-américain", et s'affiche comme étant et Africain - il est d'origine Sud-Africaine, et Américain. Il affirme son appartenance à plusieurs communautés, qui contribuent à cette image que nous avons du "melting pot" américain.


Cette différence de point de vue sur l'inclusion d'un côté ou l'addition de l'autre ne s'arrête pas à la conception de la nationalité, elle commence par là. Et les visions du monde du travail en sont tout autant différentes.


Par exemple, en France, on a du mal à accepter que les gens aient plusieurs vies dans leur carrière professionnelle. J'en sais quelque chose : issu d'un monde d'ingénieurs, ayant passé près de 18 ans dans des postes d'ingénieur ou de manager dans l'IT, le monde du travail a du mal à comprendre que je puisse changer, et devenir un professionnel totalement différent, mais tout aussi compétent, dans un autre domaine. Pourquoi dois-je être ingénieur ou coach ? Aux Etats-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, ce changement de vie est totalement courant : les gens passent d'un domaine à l'autre, y reviennent, se forment, changent de carrière, sans que cela pose problème. Certains valorisent même cette diversité : on est et ingénieur et coach.


C'est une des raisons qui explique également la différence de la relation à l'échec de part et d'autre de l'Atlantique : en France, on réussit ou on échoue. Et quand on a échoué, comment pourrait-on réussir à nouveau ? Je ne compte plus le nombre d'ex-entrepreneurs que j'ai accompagnés, à qui, lorsqu'ils cherchaient un emploi après avoir échoué dans leur projet entrepreneurial, on a posé la question : "mais finalement, vous n'avez rien fait ces deux dernières années ?" Dans la culture Anglo-saxonne, on peut accorder de la valeur à l'échec s'il est source d'apprentissage pour la réussite future : on peut avoir échoué et réussir de nouveau.



Manager ou leader ? Manager et leader !


Enfin, parlons de ce qui anime tous les cours de leadership dans la plupart des grandes écoles : "Comment passer de manager à leader ? Quelle différence entre manager et leader ? Devenir un leader parmi les managers" ... Une fois encore, pourquoi devrait-on être manager ou leader ? Selon moi, les bons managers sont ceux qui, dans les organisations, en optimisent les ressources, y compris et principalement humaines, pour que les objectifs de l'entreprise soient atteints. Les leaders, quand à eux, adaptent la vision de l'entreprise aux changements auxquels elle doit continuellement faire face.


Le leadership n'est pas simplement meilleur que le management, ou une évolution de ce dernier. A force d'enseigner que leadership et management sont deux choses distinctes, on se retrouve avec des managers qui ne savent pas "leader" et des leaders qui ne savent pas manager, chacun pensant que l'autre tâche n'est pas de son ressort. Les leaders qui ne savent pas manager finiront par perdre de leur leadership par leur manque de connaissances et de compétences techniques. Et les managers qui ne peuvent ou ne veulent pas exercer leur leadership perdront à terme la confiance de leurs collègues et subalternes.


Les organisations les plus performantes sont celles qui ont compris que, même si leadership et management sont deux notions différentes, elles doivent être exercées par les mêmes personnes : celles qui savent quand utiliser la bonne posture dans la bonne situation, au bon moment ; celles qui ont à la fois une vision globale et la connaissance de l'opérationnel, qui peuvent voir à court et à long terme. On doit être manager et leader !



Qu'en pensez-vous ? Vous sentez-vous manager, leader, un peu des deux ? N'osez-vous pas assumer un de ces rôles ? Pourquoi ? Contactez-moi et parlons-en !

© 2019 par Olivier Friedman - Coach individuel et d'équipe | Certifié de l’International Coach Federation (PCC), en Enneagramme et en co-développement